Dans l'énergie renouvelable, le printemps arabe a masqué le soleil (Rim Boukhchina)

Al Huffington post MaghrebLe lourd retard enregistré dans le développement des énergies renouvelables dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) est dû au printemps arabe, selon Rim Boukhchina, directrice exécutive au Centre Régional pour les énergies Renouvelables et l’Efficacité Énergétique (RCREEE), dont les propos sont rapportés par l'agence l’APS.

Les crises vécues ces dernières années par les pays arabes ont freiné les programmes et les projets liés aux énergies renouvelables (EnR), a indiqué l’experte tunisienne en marge d’un workshop méditerranéen sur les "énergies renouvelables et l’efficacité énergétique", qui s’est déroulé mardi 23 septembre au Centre des Conventions d’Oran.

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Mme Boukhchina a indiqué qu’avant 2010, de grandes ambitions étaient affichées par les pays arabes, avec des perspectives prometteuses pour développer des branches des énergies renouvelables, notamment chez les pays dépourvus d’autres ressources naturelles.

La directrice exécutive du RCREEE cite l’exemple de la Libye et la Syrie, qui s’appuyaient sur des méga-projets de développement des énergies renouvelables, et l’Egypte, contraint de puiser dans ces ressources en raison d’un manque en matière d’électricité et de gaz.

Pas plus de 0.6% de la production énergétique arabe

En dépit d’un potentiel important d’énergies éolienne et solaire dans les pays arabes, d’après une récente étude menée par le RCREEE, les énergies renouvelables dans la région MENA ne dépassent pas 0.6% de la production énergétique arabe.

Rym Benkhechina qualifie la contribution des EnR de "dérisoire", compte tenu des atouts offerts et des attentes des peuples arabes. Cette situation serait due à la réticence de ces pays face aux coûts astronomiques pour l’acquisition de la technologie nécessaire, préférant s’appuyer sur les ressources traditionnelles.